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Editorial de Novembre 2009 PDF Imprimer Envoyer
Écrit par Administrator   
Lundi, 16 Novembre 2009 17:10

VOYAGE AU BHOUTAN
(en train de préférence!)

ou
Peut on voir les choses différemment au Crédit Agricole?

 

 

Coincé entre l’Inde et la Chine, le Bhoutan est un Etat modeste par ses proportions mais bourré d’idées originales. Au Bhoutan la qualité de vie ne se mesure pas par le Produit National Brut, mais par le Bonheur National Brut.

Bon et alors ? Quel rapport entre la très confidentielle et lointaine« terre du dragon »et notre nombril verdoyant ? Ne soyez pas pressés, nous y venons. Imaginez une entreprise qui, s’inspirant du même mode de pensée accepterait de bouleverser des certitudes bien ancrées, une banque qui accepterait de réfléchir sur une autre façon de mesurer sa stratégie et sa gouvernance. Le rêve, en somme ! Tentons le pari fou de l’intelligence….

Travaux pratiques : Peut-on mesurer la performance comparée de notre entreprise autrement que par son bénéfice net par action ou par son résultat net part du Groupe ? Sa solidité financière autrement que par son ratio Tier one ? Son sens de l’adaptation autrement que par son coefficient d’exploitation ? Vous en doutez, car, à force de propagande, vous vous êtes mis en tête qu’il n’est pas possible pour une banque de s’affranchir des codes du marché. Allons donc ! Avec tous les réseaux, cercles, clubs et lobbies d’influence qui s’activent à grands coups de déjeuners d’affaires au sein de la sphère financière, cette gageure relève de la formalité. Encore faut-il en exprimer la volonté.

Alors que demande le SNIACAM ? Convertir chaque fait et geste en Bonheur Intérieur Doux (le BID) ? Distribuer une prime de béatitude à chaque salarié ? Soyons sérieux. Le moment est simplement venu d’expérimenter d’autres indices macro économiques, d’autres solutions alternatives, davantage en lien avec notre époque. Par exemple : la sauvegarde de l’environnement, la contribution à l’économie réelle, la préservation de l’emploi, l’utilisation durable des ressources, la gouvernance responsable. Ces indices sont tout aussi pertinents que la  boîte à outils traditionnelle de nos bricoleurs en stratégie, spécialistes de la clé de 12 pour visser les coûts.

Si l’on pousse plus loin le raisonnement, cette approche mérite d’être étendue au niveau social. Comment ? En évacuant cette idée simpliste. L’empilement des contreparties financières n’est pas la seule réponse attendue des salariés. La variabilité des rémunérations a développé une concurrence malsaine, accentué le sentiment de solitude et finalement brisé le seul bien précieux dont peut et doit se prévaloir l’entreprise : sa cohésion sociale. Réinjecter un peu de bonheur professionnel dans le quotidien du salarié ne doit pas prêter à sourire dans un corps social dévasté par tant d’individualisme.

Le sujet sociétal du travail et son vécu font désormais débat. La pression, le stress, la souffrance au travail sont devenus des sujets de préoccupations majeurs. La montée de l’insatisfaction générale, la multiplication des tensions et leur expression parfois radicale (maladie, suicide) impose de repenser les organisations du travail. Le modèle actuel a fait son temps. Il faut en imaginer un autre plus respectueux du salarié, plus ingénieux, redonnant véritablement du sens au travail.

Mise à jour le Lundi, 16 Novembre 2009 17:31