|

LE
NIVEAU DE VIE DES SALARIES CHUTE DEPUIS VINGT
ANS
Selon une étude de
l'association Cerc, le salaire net moyen n'a guère
connu de progression du pouvoir d'achat depuis la fin des
années 1970.
Un
"grand bond en arrière" ! Une étude de
l'association Cerc (Connaissance de l'emploi, des revenus et
des coûts) - à ne pas confondre avec le Conseil
de l'emploi, des revenus et de la cohésion sociale,
organisme gouvernemental - révèle, qu'à
structure de qualification constante, "le salaire net moyen
a connu une perte de pouvoir d'achat comprise entre - 4 % et
- 8 % depuis 1978". Le niveau de vie relatif des
ménages de salariés a "fortement chuté"
depuis 1982. Après une pause à partir de
1997,cette baisse "a repris en 2002 et 2003". L'auteur de
l'étude, Pierre Concialdi, parle de "grand bond en
arrière" car "la place des ménages de
salariés ou de chômeurs dans l'échelle
des niveaux de vie est comparable à celle qui
prévalait au milieu des années
1950".
La baisse du niveau de vie
des ménages de salariés traduit, en partie
seulement, l'amélioration du niveau de vie d'autres
catégories de ménages, notamment des
retraités. Toutefois, ce rattrapage a cessé
depuis la fin des années 1980 "et ne peut expliquer
la tendance observée depuis". "L'explication majeure
réside dans l'envolée des revenus du
patrimoine dont le pouvoir d'achat a été
multiplié par 2,6 (+ 160 %) depuis 1988, soit bien
plus que la masse totale du revenu disponible des
ménages (+ 35 %)", assure Pierre Concialdi. En 2003,
les revenus du patrimoine représentaient, en moyenne,
3.300 euros par ménage et par an.
Gains minimes.
L'étude du Cerc souligne la déformation de la
structure du revenu disponible des ménages depuis
vingt-cinq ans. Le phénomène le plus frappant
serait "la chute considérable de la part des revenus
nets d'activité dans le revenu total des
ménages". "Jusqu'à la fin des années
1980, cette baisse a été en partie
compensée par la progression des prestations
sociales, explique Pierre Concialdi. Mais ce mouvement s'est
ralenti à la fin des années 1980 et, depuis
1993, la part des prestations sociales dans le revenu des
ménages a diminué. En contrepartie, les
revenus de la propriété ont connu une
progression soutenue."
Au total, sur les vingt-cinq
dernières années, les gains du de pouvoir
d'achat sont restés minimes, de l'ordre de 0,2 %
à 0,3 % par an, très "largement
inférieurs à l'évolution du niveau de
vie moyen en France", selon le Cerc. "Les récentes
revendications salariales ne sont pas le fruit d'une
illusion d'optique liée à l'annonce de profits
boursiers record", conclut Pierre Concialdi.
Notre avis sur
cette étude :
Pour le
SNIACAM, les résultats de celle-ci ne sont pas
surprenants. Nous avions nous même constaté
cette baisse continue du pouvoir d'achat des salariés
depuis 10 ans. C'est d'ailleurs ce constat qui a conduit le
SNIACAM, depuis 4 ans, à ne plus signer
l'aumône patronale lors des négociations sur la
valeur du point.
Et comme
souvent, le SNIACAM a eu raison très
tôt.
Si l'on
compare depuis 10 ans, l'évolution du pouvoir d'achat
des salariés et celui du capital, là, la
migraine vous prend. L'effet de ciseaux joue pleinement. Un
bon élève de fin de cycle
élémentaire comprend déjà
où son avenir se dessine. Ce n'est pas vers " la
courbe du travail " que ses yeux vont naturellement se
porter. Quel dommage ! Comment nos dirigeants peuvent-ils
bien dormir le soir venu en sachant qu'ils proposent de tels
schémas aux générations à venir
?
Une lueur
d'espoir tout de même : si le capital devient la
1ère ressource pour puiser des revenus,
les bancs de requins vont se développer. Après
avoir manger leurs proies naturelles, ils vont se
dévorer entre eux.
Alors,
pourra recommencer un CYCLE NOUVEAU. Mais IL EST LONG LE
CHEMIN
..PATIENCE !
(haut
de page)
|